Géorgie : état d’alerte maximum le long du Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC)
Dépêche publiée le 06/06/2006
Par Renaud FRANCOIS, d’après Observer.guardian.co.uk
Tbilissi, 6 juin 2006 - La scène se passe en Géorgie, dans la région de Borjomi (sud). Des gardes en tenue de camouflage et équipés d’armes automatiques assurent la sécurité de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui, à trois mètres sous terre, serpente au pied des monts du Caucase. Entraînés par l’armée américaine ou des vétérans des SAS britanniques (Special Air Services) ils sont placés sous les ordres du lieutenant-colonel géorgien Giorgi Pantskhava.
Ces soldats constituent des pions avancés sur l’échiquier du « nouveau grand jeu » qui se met en place en Asie centrale. Leur plus grande crainte : une attaque terroriste.
Alors que les premiers barils commencent à être chargés sur des pétroliers dans le terminal turc de Ceyhan, le BTC constitue un atout primordial dans la stratégie américaine de réduction de la dépendance de leur pays vis-à-vis des producteurs d’un Proche-Orient en ébullition.
Reliant l’Azerbaïdjan à la Turquie via la Géorgie, cet oléoduc à l’avantage de contourner la Russie, pays de plus en plus soupçonné par les Etats-Unis de vouloir utiliser ses ressources énergétiques comme arme politique.
Financé à 70% par la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), son tracé, qui épouse la « ligne de fracture » entre la Russie et les anciennes républiques sud-caucasiennes du bloc soviétique est, en fait, un pari hasardeux. Ce qui explique les précautions prises pour sa protection.
De nombreuses critiques se sont élevées au sujet du tracé de ce tube. D’un côté, les associations de protection de la nature dénoncent une trop grande proximité avec la vallée de Borjomi, connue pour la qualité de ses eaux minérales et une faune animale abondante. Pour Vano Shalutachvili, de l’ONG Institut démocratique du peuple, « la moindre fuite sur cet oléoduc pourrait causer des dommages irréparables ». De l’autre, les analystes qui estiment que ce tube est beaucoup trop proche de régions sécessionnistes géorgiennes et du Haut-Karabakh.
Décidées à ne prendre aucun risque avec la sécurité, les autorités géorgiennes ont abandonné le projet initial qui reposait sur une surveillance à distance avec drones, pour adopter le système de patrouilles légères. Même si ces patrouilles ne constituent pas une garantie à 100%, elles sont reconnues comme étant le moyen le plus efficace à l’heure actuelle pour la sécurité de cet oléoduc.
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